L'abbaye de Solignac

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   L'abbaye Saint Pierre et Saint Paul de Solignac a une histoire mouvementée... détruite et reconstruite pas moins de 10 fois, il ne subsiste aujourd'hui qu'une très belle église romane du XIIème siècle qui passe pour être l'un des plus grands monuments du Limousin.

   Saint Éloi naquit en 588, à Chaptelat. Il apprit son métier d'orfèvre à l'atelier de Limoges, puis alla travailler à Paris sous les ordres du trésorier du roi. Son talent et sa probité le firent remarquer par Clotaire II qui en fit son trésorier ; mais c'est surtout la confiance du roi Dagobert qui permit à saint Éloi de déployer toutes ses capacités de ministre.

   Titulaire de l'évêché de Noyon, saint Éloi a pourtant la nostalgie du pays natal : c'est alors qu'il demande au roi la terre de Solignac pour y fonder le monastère où il compte aller mourir en paix.

« Mon roi et maître, que ta bonté veuille m'accorder pour que je puisse y construire une échelle pour toi et pour moi, par laquelle nous mériterons de monter tous deux dans le royaume céleste. »

   Le roi répond favorablement à cette sollicitation. Le premier abbé est saint Remacle qui quitte l'abbaye quelques années plus tard pour être nommé évêque de Maastricht. La règle suivie est celle de Luxeuil, c'est à dire inspirée des prescriptions de saint Colomban et de saint Benoît.

   Au VIIIe siècle, l'abbaye est plusieurs fois saccagée par les Sarrasins qui causent de nombreux dégâts ; à la suite de cela, les moines reçoivent des privilèges qui seront confirmés au cours des siècles par les papes successifs. En 820, l'abbé Aigulf impose la règle bénédictine, quarante ans plus tard, l'abbaye est incendiée et pillée par les Vikings.


   Aux XIIe et XIIIe siècles, forte de la protection royale et riche de ses reliques, l'abbaye contrôle près de vingt églises paroissiales et possède des terres en Montagne limousine, parmi lesquelles le château de Chalucet, et dans le Bas Limousin (la Corrèze actuelle). Le bourg marchand, situé sur l'axe nord-sud qui relie Périgueux à Limoges, se développe hors des remparts qui ceinturent le domaine abbatial.

   L'actuelle abbatiale fut construite à cette époque : dans la première moitié du XIIe siècle, on construisit la nef, dans la seconde moitié le choeur et le transept (après l'incendie de 1178) et le clocher-porche au début du XIIIe siècle. En 1388, des bandes anglaises incendient le choeur de l'église.

   Ruinée au XVIe siècle par les guerres de Religion et les révoltes paysannes, l'abbaye se releva pendant la Contre-Réforme catholique, lorsqu'en 1619, l'abbé, suivant l'exemple de l'abbaye de Saint-Augustin à Limoges, fit appel à six moines de Saint-Maur qui restaurèrent la règle bénédictine. Mais ils se heurtèrent à l'hostilité des moines en place; l'abbaye fut partagée et les mauristes se contentèrent d'une petite chapelle jusqu'à ce que la mort emporte les opposants. Remise en état, l'abbatiale retrouva sa fonction en 1635. Cent ans plus tard, le cloître et une grande partie des bâtiments conventuels furent entièrement reconstruits.

   Au XVIIIe siècle la commune portait le nom de Salignac. L'abbaye, qui comptait encore quatorze moines a la Révolution, connut ensuite bien des vicissitudes. Pensionnat de jeunes filles sous l'Empire, elle fut convertie en fabrique de porcelaine sous Louis XVIII, et ce, jusqu'à la crise des années 1930. Les normaliens d'Obernai (Bas-Rhin) y trouvèrent refuge de 1939 à 1945 et construisirent l'aile ouest des bâtiments conventuels. Avec les Oblats de Marie qui en prirent possession en 1946, les bâtiments retrouvèrent leur vocation spirituelle, d'abord comme séminaire, ensuite comme lieu de retraite.

L'abbaye a été rachetée récemment par le diocèse de Limoges.

 

Voir aussi ce site sur les ordres religieux monastiques en Limousin : http://grandmont.pagesperso-orange.fr/Solignac.html

 

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